Partager l'article ! Notre association pour quoi faire?: L’activité humaine est le plus souvent oubliée dans ...
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L’activité humaine est le
plus souvent oubliée dans les débats de société et dans les choix des entreprises. Notre université d’été de septembre 2008 s’en est fait clairement
écho.
Cet aveuglement au faire concret (au réel du travail) nous entraîne vers d’énormes difficultés, notamment en terme de santé (progression constante des troubles musculo-squelettiques, aggravation et généralisation des pathologies mentales liées au travail, forte augmentation des cas de suicides au travail, de harcèlement, d’épuisement professionnel, etc.), mais également en terme de connaissances et de valorisation des ressources du travail (les potentialités que les personnes développent dans leur activité, les alternatives qu’elles mettent en place sont couramment sous-estimées, ou simplement ignorées, voire même dénigrées). Les conséquences de ces difficultés ne touchent pas uniquement les milieux de production, mais se répandent plus largement dans la vie sociale toute entière. Nous n’acceptons pas l’idée d’une fatalité de telles dérives ! Des possibilités de « faire autrement » et de « vivre autrement » existent toujours. Toutefois, aucun « prétendu expert » ne peut décider seul sur ce que devraient être ce « faire autrement » et ce « vivre autrement ». Il nous faut passer par un apprentissage de ce qui se passe au plus près de l’activité, des débats de normes qui toujours irriguent les situations de travail, les collectifs de travail, les expériences singulières du travail et du hors travail…
L’Observatoire et Rencontres du Travail, en s’appuyant sur le patrimoine ergologique, avec une attention particulière sur ce que nous apprennent l’ergonomie de l’activité et d’autres disciplines voisines, se propose de contribuer à l’invention et au développement de « Dispositifs dynamiques à trois pôles ». Ces dispositifs, dont les formes sont modulables, visent à promouvoir les échanges entre formes variées de savoirs et de cultures, plus ou moins formalisées, plus ou moins institutionnalisées, des échanges portés par un engagement fort pour le destin des hommes et des femmes concernés. Ce type de dispositifs nous apparaît incontournable si nous voulons l’émergence et la reconnaissance de nouveaux savoirs ancrés dans le réel de l’activité et la construction d’authentiques alternatives. Ainsi, les « Groupes de Rencontres du Travail », une forme possible de dispositif dynamique à trois pôles, peuvent convenir à toute entreprise, ou à toute institution, qui voudrait s’inscrire dans un véritable changement.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos statuts et ce
que nous entendons par « dispositifs dynamiques à trois pôles », par groupe de rencontres du travail, par... sur
ce blog : www.rencontresdutravail.com, que nous nous efforçons d'enrichir régulièrement. L'utilisation du moteur de
recherche que vous avez à votre disposition peut être une aide précieuse pour votre recherche. L’adhésion à l’ORT est ouverte à celles et ceux qui partagent nos préoccupations et notre engagement pour l’activité humaine. |
1. Question : Pouvez-vous présenter les objectifs de votre association « Observatoire et Rencontres du Travail » ? Qu’est-ce qui sera au cœur de vos travaux durant ces journées ?
Réponse : Pour pouvoir répondre à ces questions, il nous faut tout d’abord partir d’un premier constat : Le point de vue du travail n’est pas suffisamment pris en compte aujourd’hui. Là où on le gouverne, là où on le réalise, là où il devrait être incontournable pour l’élaboration de nouveaux savoirs..., nous sommes très loin de ce qu’il serait souhaitable – et possible de faire. Pour diverses raisons, le travail est mis au silence ou alors quand on parle de lui, on en parle de manière abstraite, en négligeant l’activité qu’y déploient les personnes et les collectifs.
Notre conviction est qu’il peut en être autrement. Dans les statuts de notre Association, nous avons tenu à indiquer toute l’importance que nous accordons au « primat de l’activité humaine pour aborder les problémes de Société ». Aussi, nous n’acceptons pas ces univers de vie collective où les questions se règlent en faisant l’impasse sur la connaissance du travail. L’actualité nous montre qu’il y a trop de situations aberrantes, trop de gâchis, trop de souffrances physiques et morales … qui prolifèrent sur l’ignorance du travail. Il est difficile d’admettre cela quand on a réuni les preuves qu’il est possible de faire autrement.
Avec notre Association, qui se propose d’œuvrer pour le développement des « Rencontres du Travail », nous appréhenderons différemment les questions du travail.
2. Question : Que voulez-vous dire ? Faut-il comprendre que l’on ne tiendrait pas suffisamment compte du point de vue des travailleurs dans la France d’aujourd’hui ? Ou encore qu’il faudrait donner plus de crédit à la « valeur travail » ?
Réponse : Ce n’est pas exactement de cela dont il s’agit quand nous utilisons l’expression « le point de vue du travail ».
Que les personnes qui réalisent le travail puissent être davantage entendues, mieux écoutées, ou encore mieux comprises, que l’on puisse y voir plus clair sur ce qu’il y a derrière l’expression « la valeur travail »… voilà de vrais sujets de réflexion… mais malheureusement trop souvent abordés d’une manière abstraite ou réductrice.
« Le point de vue du Travail » n’est pas un ensemble d’opinions (celle du travailleur, celle de son employeur, celle de son client) qu’il suffirait d’agréger. Le point de vue du travail est à construire … Pour cela, l’approche ergologique, sur laquelle nous nous appuyons, propose « la matrice des dispositifs dynamiques à trois pôles ». Il s’agit de permettre aux chercheurs et aux acteurs du travail de trouver le protocole le mieux adapté à la situation.
3. Question : Vous êtes donc un groupe d’universitaires qui souhaitent faire mieux connaître leurs travaux en dehors de l’Université ?
Il y a des universitaires dans notre Association. Mais notre Association est sur des enjeux qui dépassent largement les murs de l’Université. Nous sommes sur les questions du travail. Et si l’on travaille au sein de l’Université, on travaille également en dehors de l’Université.
S’il y a quelque chose de commun entre nous tous, c’est qu’à un moment ou à un autre chacun rencontre des interrogations sur « l’usage de soi » dans sa situation de travail :
Qu’est-ce que je fais ? Est-ce que je ne pourrais pas faire autre chose ? Ou le faire autrement ?En quoi ce que je fais (ou ce que je ne fais pas) fait retour sur « moi » ? Sur les autres ?… Comment, ou encore en m’appuyant sur quelles valeurs, j’essaie d’orienter mon activité et aussi celle des autres dans une situation professionnelle ?
Chacun comprendra que « l’usage de soi » n’est pas exclusivement une question d’universitaires, mais qu’elle nous sollicite tous sur ce que l’on souhaite vivre « au niveau personnel », et aussi du « vivre ensemble ».
Aussi, notre association est ouverte largement à toutes les personnes qui vont à la « rencontre du travail » pour élaborer de nouveaux savoirs, de nouvelles possibilités pour le « transformer ». Nous réunissons donc des salariés, des retraités, des syndicalistes, des cadres, des universitaires, des personnes qui exercent dans de grandes entreprises, d’autres dans de toutes petites structures. La diversité de statut n’est pas un handicap, bien au contraire : c’est une source d’enrichissement ! L’essentiel, c’est que nous parvenions à mettre en commun nos expériences dans cette prise de position « faire prendre en compte le point de vue du travail dans notre vivre ensemble ». Il faut dire que ce n’est pas toujours facile quand tout dérive vers la priorité absolue de l’urgence, de la performance, des rapports marchands… Mais chaque fois qu’on y parvient, des nouvelles possibilités de vie et de pensée s’ouvrent.
Si nous sommes positionnés en dehors de l’Université, c’est pour pouvoir mieux coopérer avec l’Université. D’ailleurs, notre association n’existerait certainement pas si au début des années quatre-vingt au sein de l’Université à Aix, une petite équipe d’universitaires ne s’était préoccupée des questions du travail. Le dispositif d’Analyse Pluridisciplinaire des Situations de Travail qu’ils ont initié avec les acteurs du monde du travail a permis l’élaboration du patrimoine ergologique sur lequel nous pouvons prendre appui aujourd’hui. De plus nous recherchons des coopérations étroites avec toutes les équipes d’universitaires qui s’inscrivent dans la démarche ergologique en France et hors de France.
4. Question : Quel sera le programme de vos trois journées des 20,21 et 22 septembre ?
Tout d’abord, disons que nous sommes heureux de pouvoir tenir notre Université à Port de Bouc. Cette ville et les expériences liées à la connaissance des questions de santé au travail qui s’y sont déroulées dans les années quatre vingt ont largement contribué au développement de la démarche ergologique. Notre association est fière de pouvoir revenir à une des sources de son patrimoine.
Nous n’oublions pas la dimension internationale de notre démarche, ainsi cette année à Port de Bouc, une délégation brésilienne, composée de médecins,chercheurs, professeurs, étudiants, sera présente et à partir de sa propre expérience, participera aux exposés, échanges et débats.
Durant ces trois journées nous souhaitons pouvoir consolider ce que nous avons amorcé lors de notre première Université en septembre 2006 à Marly- Le-Roi (78)
Nous sommes en mesure à présent de réfléchir sur des exemples concrets de « Groupes de Rencontres du Travail » Cela devrait nous aider à mieux préciser :
- Comment valoriser l’apport de la démarche ergologique pour un « travailler autrement » ?
- La place que devrait prendre la professionnalité ergologique aujourd’hui
- Le rôle de l’ORT pour le développement de la démarche Ergologique
Au regard de notre attention pour le travail et pour le devenir humain, ces trois journées seront placées sous le sceau de la rigueur dans la pensée et de la convivialité.
Nous tenons à remercier la municipalité de Port de Bouc et ses élus pour leur accueil et le soutien actif à notre projet qui a rendu possible la tenue de l’ université d’été de l’ORT cette année.
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