Mardi 9 octobre 2007
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Nous avons demandé aux animateurs du Groupe de Rencontres du Travail (GRT) de l'hôpital Edouard Toulouse de nous en dire plus sur cette expérience
originale.
Conmment est venue l'idée de mettre en place ce groupe ?
Un Groupe de Rencontres du Travail (GRT) à destination des Infirmiers de Secteur Psychiatrique (ISP) s’est déroulé de janvier à juin 2007 à l’hôpital Edouard Toulouse (Marseille, 13015), sous
l’impulsion d’Olivier Esnault, ISP devenu cadre de santé, qui, au cours de ses études au département d’Ergologie de l’Université de Provence, a désiré travailler sur des problématiques propres à
son métier.
Avec deux autres étudiantes du département d’ergologie, Nathalie Clar et Stéphanie Mailliot, dont les travaux – sur les évolutions de la prescription pour l’une, sur la notion de transformation
pour l’autre – pouvaient s’investir dans cette orientation de travail en GRT, il fut à l’instigation du projet.
Leur proposition de mise en œuvre d’un groupe de rencontres du travail a été rapidement relayée tant du point de vue institutionnel – accord de la DSSI du Centre Hospitalier sollicité – que du
point de vue de l’engagement de « gens de métiers » qui ont répondu massivement (13 ISP) à l’appel à candidature lancé pour ce GRT.
Quels étaient vos objectifs ?
L’un des objectifs avancés au démarrage de cette expérience était le suivant : mettre en valeur un patrimoine professionnel (celui d’infirmier de secteur psychiatrique) dont la transmission
a été mise à mal par la modification des parcours formatifs des infirmiers exerçant dans ce secteur – disparition du diplôme d’ISP en 1992 et généralisation du diplôme d’état pour tous les
secteurs – et par les évolutions des conditions d’exercice du métier de soignant à l’hôpital public. Aussi le choix d’adresser, prioritairement et dans un premier temps, ce GRT aux seuls ISP,
plutôt qu’à l’ensemble de la profession infirmière en secteur psychiatrique, tient à des raisons historiques et contextuelles.
Comment ça a fonctionné ?
De nombreuses problématiques ont été abordées au cours des séances de GRT. Leur mise en évidence n’a cependant été possible qu’à partir d’une interrogation de fond sur l’usage de soi que chacun
des soignants (participant au GRT) met en œuvre pour gérer les tensions permanentes entre ce qu’on lui demande de faire (logique de rationalisation des coûts soignants…) et l’engagement de sa
personne dans un univers de relations humaines – le soin en secteur psychiatrique – « où on travaille avec un outil qui est fait de soi-même » (une infirmière).
Afin de permettre une opérationnalité du travail mené en GRT, un certain nombre de garanties ont été prises au démarrage de l’aventure : charte éthique garantissant les modalités de
participation et de diffusion des résultats de l’expérience et engagement de chacun à co-élaborer avec l’ensemble du groupe un rapport destiné à mettre en visibilité les problématiques soulevées
ainsi que les éléments de réponses apportées par le travail du groupe.
Et à présent, quelles perspectives ?
Tout ceci a permis en définitive d’ouvrir le travail conduit dans ce GRT à la perspective de sa poursuite en deux temps : avec les jeunes IDE d’abord puis avec l’ensemble des infirmiers (ISP
et IDE) exerçant dans le secteur psychiatrique. L’objectif étant – entre autres – de permettre une transmission du savoir d’expérience à comprendre dans les termes d’une mise en partage
collective des manières de faire constitutives d’un métier.
Merci de nous avoir apporté toutes ces précisions. Nous ne doutons pas que pour pouvoir prendre des intiatives analogues dans leur milieu professionnel,
des lecteurs de cet article souhaiteront prendre langue avec vous. Aussi, nous ouvrons un premier espace de dialogue en leur réservant la possibilité d'ajouter un
commentaire.
A bientôt !
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