action et activité
L’action a un début et une fin repérables, elle peut être identifiée (geste, marque), imputée à une décision, soumise à une raison (exemple : un
mode d’emploi est une liste d’actions) ;
L’activité est un élan de vie, de santé, sans borne prédéfinie, qui synthétise, croise et noue tout ce qu’on se représente séparément (corps,
esprit ; individuel, collectif ; faire, valeurs ; privé, professionnel ; imposé, désiré ; etc.).
corps-soi
Le travail n’existe pas sans quelqu’un qui travaille. Difficile de nommer celui-ci sujet
car cela sous-entendrait
qu’il serait bien cerné, défini. Or, si l’activité est effectivement pilotée par quelqu’un en chair et en os, – elle s’inscrit dans des fonctionnements
neurosensitifs tellement complexes qu’on n’en fait pas le tour – cette activité a, de plus, des prolongements qui débordent la personne physique. Sont sollicités et même incorporés, inscrits
dans le corps : le social, le psychique, ’institutionnel, les normes et les valeurs [ambiantes et retraitées], le rapport aux installations et aux produits, aux temps, aux hommes, aux niveaux
de rationalité, etc. Ce quelqu’un qui travaille – ce centre d’arbitrages qui gouverne l’activité – peut ainsi être désigné corps-soi ou corps-personne.
ergologie
C’est une démarche qui tente de développer simultanément dans le champ des pratiques sociales et dans la visée d’élaboration des savoirs formels, des
dispositifs à trois pôles partout où c’est possible. D’où une double confrontation :
• confrontation des savoirs entre eux ;
• confrontation des savoirs avec les expériences d’activité comme matrices de savoirs.
ergonomie
L’ergonomie agit pour transformer ou concevoir des situations de travail compatibles à la fois avec le confort et la santé des travailleurs et avec l’efficacité
économique des entreprises.
renormalisation
L’être humain, comme tout vivant, est exposé à des exigences ou normes, émises en continu et en quantité par le milieu dans lequel il se
trouve. Pour exister en tant qu’être singulier, il va tenter en permanence de ré-interpréter ces normes qu’on lui propose. Ce faisant, il essaie de configurer le milieu
comme son milieu propre. C’est le processus de re-normalisation qui
est au coeur de l’activité.
Pour partie, chacun parvient à transgresser certaines normes, à les tordre de façon à se les approprier. Pour partie, il les subit comme quelque chose qui s’impose
de l’extérieur.
sens du travail
Le sens est ici nommé, donc supposé connu ou connaissable : or il est problématique. Chacun donne des significations multiples et mouvantes à ce
qu’il vit. Parler de sens du travail, c’est prendre le risque de circonscrire ce qui ne peut l’être – et éventuellement de décréter le sens à la place de l’intéressé [cf. telle tâche est
déclarée a priori motivante ou non, chargée/ou au contraire dépourvue de sens ; tel travail aurait ou non de la
valeur].
socratisme à double sens
Socrate disait qu’il accouchait les esprits des idées qu’ils contiennent sans le savoir (= maïeutique). Dans le dispositif à trois pôles, il s’agit
d’activer cette méthode de réflexion aussi bien du côté des acteurs du monde du travail qu’inversement du côté des spécialistes des savoirs académiques. L’humilité et la rigueur
s’imposent à tous.
Quelques liens utiles :
Le site du Département d'Ergologie de l'Université de Provence : http://ergologie.com/
Les éditions Octares : http://www.octares.com/
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